Le 4 mai 2017 avait lieu la 4ème édition des Matinales, avec pour thème « Quelles innovations numériques pour quels services?». Voici quelques éléments de synthèse fournis par les participants.


« Les enjeux liés à la transition numérique sont aussi nombreux qu’importants pour notre société : tel pourrait être la synthèse de la présentation faite par Monsieur Christophe Carniel, Président-Fondateur de VOGO et Président de «Transferts ».

La mutation de notre société n’échappe à personne, elle se constate d’elle-même année après année. Sans remonter bien loin, la révolution industrielle du 19ème siècle a apporté le progrès technique et l’organisation du travail. Quels progrès naîtront de la révolution numérique du 21ème siècle ?

Pour certains, il s’agit d’un tsunami qui emporte tous ceux qui n’ont pas su anticiper les effets de cette révolution. Pour décrire cette rupture avec le passé, Monsieur Carniel préfère parler de « disruptivité ». Il fallait être à cette matinale pour toucher du doigt les impacts de cette ère du numérique dans laquelle nous sommes entrés : nature du travail, emplois, services, autant de domaines où tout se transforme, évolue, se crée, disparait ou se multiplie.

L’ère du numérique transpose parfaitement l’aspiration millénaire des hommes à communiquer et à échanger. Elle est source d’évolution pour l’humanité ; mais, exacerbée, elle pose la question et la condition d’une réflexion plus large sur les finalités, les outils et les moyens qui servent cette r-évolution.

De fait, il apparait nécessaire d’aborder la mutation numérique sous l’angle des nouveautés : nouvelle façon d’échanger, nouvelle façon de faire du commerce, nouvelle façon d’apprendre, nouvelle façon de communiquer. Il faut lui associer l’anticipation des entreprises vers de nouveaux marchés, l’éducation de la population, toutes générations confondues, vers une nouvelle vie et la formation de nos jeunes vers de nouveaux métiers pour transformer ce bouleversement numérique en véritable opportunité durable pour demain.

L’éthique devient alors un maillon essentiel dans la chaîne du progrès, pour qu’une révolution ne soit pas un tsunami économique, social et environnemental ; mais qu’elle soit responsable, et dans laquelle chaque acteur trouve et prend sa juste place. »

Cyril CHAPELON
Responsable RSE Qualité
Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Hérault


Sujet

« De l’innovation numérique à l’innovation sociale » : à l’heure où l’on parle des problèmes de l’ubérisation et du « sans contact », l’innovation numérique peut-elle aider à créer et soutenir des liens interpersonnels non virtuels ?  Voilà la thématique abordée dans la 4ième Matinale du Carrousel. Guillaume Leenhardt, d’A Vos Côtés, service d’aide à domicile nous a reçu dans ses locaux.

Les dernières décennies

Retraité avec un passé d’informaticien, je suis venu avec un grand intérêt à cette rencontre. Je n’ai pas été déçu car l’intervant Christophe Carniel, créateur et directeur de VOGO, président de Transfert Innovation Occitanie,  nous a retracé, au travers de son expérience professionnelle, l’évolution de l’innovation numérique. Il y a 30 ans environ lors du passage des enregistrements sonores analogiques au digital, avec les implications humaines que cette révolution d’alors induisait, les suppressions de postes de travail et même de professions ont commencés.

L’évolution technologique

La continuité des changements technologiques depuis plus de 30 ans permet de parler de « transition technologique » plutôt que de « tsunami technologique ». En effet, les nouveaux visages du numérique ne nous sont pas tombés sur la tête d’un coup mais ont impactés notre vie quotidienne graduellement. Parfois le rythme de ces nouveautés nous laisse le temps d’en prendre conscience, d’autres fois il ressemble à la file ininterrompue de la caisse du supermarché le samedi. Toutes ces nouveautés technologiques, il nous faut les goûter, les absorber et les digérer. Et ce n’est pas fini, elles vont continuer à aménager notre avenir.

L’évolution humaine

Lorsqu’on voit la facilité des jeunes enfants face aux nouveaux appareils techniques, nous pouvons éventuellement leur demander leur aide. Ils seront très fiers d’être à la place de « celui qui sait ». Lorsque des parents demanderont à leurs enfants « Quel profession souhaites-tu exercer ? » il risque de s’entendre dire « une profession qui n’existe pas encore mais qui sera peut-être incontournable dans quelques années ! ». Gardez la chambre de Tanguy ! C’est donc nos classes d’âges – les actifs et les retraités – qui ont le plus de travail à faire sur elles-mêmes.

Alors que faire ?

  • Rester sur le quai sans monter dans le train et se retrouver très vite esseulé ou
  • s’embarquer et rester dans le courant de la vie, en contact avec nos proches, les autres, les commerces et les services ?

Nous avons à conjuguer les positions de rester avec la jeunesse et d’utiliser notre sagesse. C’est en donnant notre avis – éclairé – sur la bienfacture des applications et autres nouveautés que nous continuerons à faire avancer ce pan de notre civilisation… et à en profiter pleinement.

Le côté économique

La population ne cesse d’augmenter, le nombre de personnes âgées aussi. Il ne sera plus possible de s’occuper individuellement de chaque personne. Le maintien à domicile n’est pas seulement positif pour le senior mais aussi pour l’économie nationale. Un système – permettant de détecter la chute ou une attitude anormale d’une personne seule chez elle – pourra envoyer l’information à un centre d’aide à la personne dans les meilleurs délais. Il faudra que le système soit le plus indépendant de la personne afin qu’il soit fonctionnel quel que soit le niveau de conscience de l’utilisateur.

Le côté relationnel

Déjà maintenant, des personnes âgées, handicapées ou peu scolarisées se trouvent empruntées par les nouvelles technologies. Ne faut-il pas que les aidants (professionnels ou bénévoles) puissent former cette population ? Et dans d’autres cas, il faudra carrément faire l’interface entre la personne et le monde numérique.

En conclusion

Comme disait un responsable politique suisse, A. Ogi, ancien conseiller fédéral : « Nous vivons une époque FORMIDABLE ! »

Sacha Perzoff


« Les rendez-vous des Matinales auxquels j’ai pu participer ont été pour moi des temps de rencontres au cours desquels j’ai pu apprécier des interventions de qualité nourries de nombreux échanges entre tous les participants, dans un véritable esprit de bienveillance et constructif. Au-delà de créer du lien, cette initiative me permet de commencer ma journée de travail (pourtant très minutée) de façon conviviale et dynamisante. »

Isabelle Fourcaud
Responsable formation – Cnam Languedoc – Roussillon


«Intelligence artificielle, numérisation, robotique, domotique… alimentent déjà le vocabulaire de nos quotidiens. Derrière ces mots, se cachent de nouvelles technologies qui bouleversent nos habitudes et qui indiscutablement deviennent intrusives. L’industrialisation et donc la généralisation explosive des applications induites nécessitent confiance, adaptabilité et réglementation. Les progrès inouïs des sciences imposent à la fois des gardes fous éthiques et une appropriation partagée par le plus grand nombre. Il semble urgent de donner corps à l’indispensable cadre applicatif de toutes ces enthousiasmantes évolutions technologiques et éviter ainsi un creusement des inégalités. »

Edmond Gelly