Les matinales, une initiative du CARROUSEL

Une Maison PAR tous, « Qui ne se ressemble pas s’assemble pour partager, concevoir et créer », deux expressions des objectifs que se donnent les protestants montpelliérains à l’occasion de la création du CARROUSEL.

En attendant que le site soit construit, nous préfigurons le fonctionnement du CARROUSEL en organisant des matinales, au cours desquelles le CARROUSEL et un hôte invitent conjointement un spécialiste qui fait part de ses connaissances et de son expertise aux personnes intéressées sur un sujet d’actualité.

Une discussion s’engage alors dans le but de réfléchir ensemble aux conclusions à en tirer et les actions éventuelles possibles à engager.

La première matinale du CARROUSEL

« Vers une médecine régénératrice ? »

Une trentaine d’invités ont été magnifiquement reçus dans la salle de conférence de la clinique « Jardins de Sophia » à Castelnau le Lez, le jeudi 12 janvier 2017. Après un petit déjeuner bien agréable à 7h45, la séance a commencé à 8h par une présentation de la clinique, insistant sur l’usage d’une thérapie non médicamenteuse spécialisée dans le soin des maladies neurodégénératives, insistant sur l’utilisation d’une thérapie non médicamenteuse dans l’accompagnement des malades Alzheimer et sur les initiatives prises dans le domaine de la télémédecine pour les soins bucco-dentaires.

► Voir une vidéo sur le sujet

Le Docteur John De Vos, Professeur de l’Université de Montpellier et Coordonnateur du Département d’Ingénierie Cellulaire et Tissulaire à l’Hôpital St Éloi,  a ensuite pris la parole pour un exposé sur l’avenir des thérapies restauratrices.


Les cellules souches

Il nous a d’abord rappelé que l’ensemble de nos organes, composés de milliers de milliards de cellules, descendaient tous d’une cellule embryonnaire unique, et de cellules souches embryonnaires qui sont qualifiées de pluripotentes, capables de se différencier en tous les types de cellules.

Il existe également dans tous les tissus des cellules souches, qualifiées de multipotentes, capables de se différencier en un nombre limité de types cellulaires, qui permettent le renouvellement harmonieux de ces tissus.

L’exemple le plus connu du grand public est celui des cellules de la moelle osseuse qui fournit tous les différents types de cellules sanguines.

► Un peu de bibliographie

Les cellules souches induites

Depuis 2006, les chercheurs peuvent produire en laboratoire des  cellules dites iPS (cellules pluripotentes induites), obtenues par dé-différenciation de cellules de tissus adultes (de la peau par exemple) à la suite d’un traitement réactivant l’état embryonnaire.

De plus, ces cellules peuvent se multiplier indéfiniment en laboratoire. Suite à cette prolifération, le re-différenciation de ces cellules permet alors de « fabriquer » des tissus différents (cardiaque, peau, pancréas…).

La question est donc de savoir si ces dernières cellules peuvent ou non être reçues et intégrées dans des tissus malades, absents ou nécrosés.

En cas de succès, cela étendrait énormément les capacités de réparation obtenues actuellement seulement par les greffes  d’organe, dont le succès dépend toujours de la compatibilité entre donneur et receveur.

En effet, les nouveaux tissus obtenus à partir des iPS découleraient du receveur lui-même supprimant le besoin en traitements immuno-suppresseurs suite aux greffes.

►Un peu de bibliographie

Avancées et questions sur la médecine régénératrice

Pour cela, il faudrait que ces nouveaux tissus s’intègrent aux organes malades, en régénérant leur fonction.

Par exemple, qu’une partie du muscle cardiaque atteint par un infarctus soit reconstituée et fonctionne de façon synchrone avec tout le reste du muscle.

C’est le défi actuel que les chercheurs relèvent par des efforts de recherche fondamentale importants. Des essais sur animaux sont prometteurs, par exemple sur une correction  de défauts de la moelle épinière, produisant une augmentation nette de la mobilité de souris traitées par ces iPS différenciées.

Des essais cliniques ont déjà été tentés chez l’homme pour le renouvellement de tissus rétiniens, avec des résultats préliminaires encourageants.

Si les offres de certaines cliniques américaines ou asiatiques promettant des résultats spectaculaires doivent être dénoncées comme beaucoup trop prématurées, il n’en reste pas moins que la possibilité d’une médecine restauratrice avance sans que l’on puisse annoncer les dates de sa mise en place.

De plus en plus de chercheurs travaillent sur ce sujet.

► Un peu de bibliographie

Questions éthiques et médicales

Le public a manifesté son intérêt à l’exposé du Dr De Vos par beaucoup de questions. Elles ont porté sur les maladies potentiellement candidates à une médecine restauratrice. Mais surtout sur les questions éthiques qu’elle soulève : les dérives possibles, commerciales ou politiques, que pourraient permettre une modification si importante de notre action sur l’humain. Le Dr De Vos a insisté sur l’importance de se saisir publiquement et largement de ces questions, sans remettre en cause toutefois la recherche sur ce sujet, à laquelle de plus en plus de chercheurs (dont beaucoup de chinois) se  consacrent.

Allons-nous vers un humain immortel ? Est-ce souhaitable ? Question fondamentale. Le Dr De Vos a évoqué José-Luis Borges dont le livre « L’Aleph », (Gallimard) aborde cette question :

« Être immortel est insignifiant; à part l’homme, il n’est rien qui ne le soit, puisque tout ignore la mort. Le divin, le terrible, l’incompréhensible, c’est de se savoir immortel ».


Lire l’avis du Comité consultatif national d’éthique sur l’usage thérapeutique des cellules souches embryonnaires



La prochaine édition des matinales

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